ARCHIVES MENSUELLES: novembre 2017

L’accident de train

 
Un lundi comme les autres. Enfin, pas pour le conducteur d’une camionnette qui vient d’avoir un accident. De loin, on aperçoit le véhicule déchiqueté, une armée de gendarmes, plusieurs camions de pompier. L’arrivée d’un hélicoptère ne présage rien de bon quant à l’état de santé de la ou des victimes. Sur cette route nationale particulièrement fréquentée, la file de voitures ne cesse de s’allonger. Personne ne passe. Ni d’un côté, ni de l’autre. Un demi-tour et un repli vers le premier village à proximité s’imposent pour contourner l’encombrement naissant. A ce moment, impossible de savoir ce qu’il s’est passé réellement.
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Les pétales de rose


Blancs, roses, rouges, ils se sont glissés au pied des rochers et dans leurs interstices. Ces pétales de rose semblent venir de nulle part. Touche de couleur et de douceur improbable en ce lieu, la digue de Canet Plage, et en ce froid matin d’hiver. Tapis coloré que le vent aurait déposé là par l’un de ces mystères qui font la beauté de vie… Les romantiques y verront la trace tangible d’une belle déclaration d’amour face à la mer, les pragmatiques le simple résultat d’une rose fanée jetée là par quelque inconséquent. Et pour tous ceux qui sauront regarder, la … Lire la suite

Dis bonjour au chien-chien

Un matin parmi d’autres. Sur la plage, des personnes qui baladent leur chien ou plutôt des chiens qui baladent leurs maîtresses… Sourire. Au loin, une femme prend peur à la seule idée que son protégé rencontre un de ses congénères et s’éloigne d’un pas vif, lançant des cris stridents après son petit chéri si fragile. Evidemment, ma chienne l’a vu dès son arrivée sur la plage. Et elle n’a qu’une envie: sentir ce potentiel complice de jeu et copiner! Telle maîtresse… (rire). Elle déboule comme un chien dans un jeu de quilles et entraîne son nouveau compagnon dans une course … Lire la suite

La poire et l’arbre

Une poire, en son arbre perchée,
Tenait accrochée à sa branche.
Les vers, par sa chair alléchés
se permirent une tirade franche :
Et bonjour, Madame la poire
Que vous êtes jolie ! Que vous savez éviter les déboires !
Sans mentir, si votre courage
n’est pas pur mirage,
Vous êtes la reine des hôtes de ces bois.
À ces mots, la poire ne se sent plus de joie,
Et pour montrer sa force d’âme,
Commence à se balancer, se défiant du mélodrame.
L’arbre la prit dans ses bras et lui dit pour éviter les larmes:
Apprenez que la puissance
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Chronimarché: les poteaux de la colère


Ce matin, température glaciale au marché de Canet. Et pas seulement à cause des 5° de saison affichés sur le thermomètre ! Des poteaux se sont invités en plein milieu de la place Med sans crier gare, créant un début de joyeux (…) mécontentement parmi les exposants qui n’apprécient guère d’être ainsi mis en concurrence avec d’énormes blocs de béton et des poteaux pour l’instant totalement nus. Peut-être et avant tout parce que, comme les clients, ils ont découvert ces poteaux sans avoir été avertis au préalable de leur arrivée. Et qu’ils ont pour la plupart beaucoup galéré ce Lire la suite

La dame licorne du balcon

Un matin d’hiver nostalgique de l’automne, une température au diapason des envies de saison, une plage déserte soulagée de la tramontane, un soleil joueur qui se cache derrière les nuages tout en les parant d’or… Et un immeuble tous volets fermés face à la mer pourtant si belle. Tous volets fermés exceptés ceux d’un appartement, le seul visiblement habité en cette saison désertée par les touristes. Volets levés, fenêtres ouvertes au jour qui se lève, il tranche sur la face triste de l’immeuble abandonné. Vision banale d’une ville dépeuplée l’hiver, surpeuplée l’été. Et sur le balcon, une forme. Une licorne. … Lire la suite

L’amour des proches envers et contre tout

Le sujet n’est pas léger et les mots pour en parler dérangent. On peut même être tenté(e) de les fuir pour ne pas voir parce que c’est beaucoup plus confortable, parce que le pire concerne forcément les autres, parce qu’en cette époque de « il faut » pardonner, laisser le passé derrière, regarder le positif, être joyeux quoi qu’il arrive, on ne se laisse plus aller aux états d’âme. Si tristes et si désespérés peuvent-ils être parfois, ils sont partie intégrante de notre être. Comment accéder à sa part de lumière si l’on refuse sa part d’ombre?

« Un

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Stop à la violence faite aux femmes!

En cette journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, deux témoignages, deux souffrances, celle d’une jeune fille battue par son petit ami, et celle d’une mère confrontée au pire qui soit, à la mort annoncée de son enfant si elle ne trouve pas comment l’aider pour sortir de cette violence.
En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Dans le monde, une femme sur trois est victimes de violence conjugale.
« Les coups
Ce soir-là, il avait encore bu. Plus il buvait et plus je savais que ça allait dégénérer. … Lire la suite

L’absence


« Colette avait beau essayer, elle ne se rappelait pas qui était cette dame assise en face d’elle. Son visage lui rappelait vaguement quelqu’un, mais elle aurait bien été incapable de dire qui… Il y avait tant d’inconnus qui passaient la voir ces derniers temps. Elle ne comprenait pas pourquoi, soudain, tant de monde s’intéressait à elle. Et pourquoi ils tenaient tant à lui raconter leur vie. Elle avait la sienne, de vie, et celle des autres la laissait indifférente. Enfin, indifférente, pas vraiment, mais perplexe. Pourquoi venaient-ils la voir, elle? La jeune femme assise en face d’elle ne Lire la suite

Le château de sable qui se rêvait pyramide…


Sa vocation n’était pas de durer. Ni de décider de sa vie. Mais il était de ces châteaux de sable rebelles qui poursuivent leur rêve jusqu’à sa concrétisation. Et son rêve à lui, c’était de se transformer en pyramide. Encore fallait-il qu’il visse le jour… Surtout en ce jour d’hiver froid où la plage était déserte. Simple pensée en attente de matérialisation, il se promenait en bord de mer, attendant qu’une bonne âme le saisisse au vol et se l’approprie. Heureusement, il y a toujours un enfant pour croire que tout est possible. Il remarqua une petite fille accoudée sur

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Le repas

 

« Cela faisait maintenant dix mois que Laurence luttait, qu’elle tenait le cancer à distance. Christine avait eu le temps de s’y habituer. La maladie de son amie ne l’obsédait plus comme au début. Elle y pensait souvent, mais parvenait à vivre à côté. Elle ne rêvait presque plus d’elle. Pourtant, cette nuit-là, Laurence était revenue la hanter. Elle était allongée sur son lit, les mains croisées sur son ventre, d’une pâleur déjà cadavérique, et lui disait : « Je me meurs. » Ce à quoi Christine répondait le plus naturellement du monde : « Prends bien soin de … Lire la suite

Des poooooommes, des poiiiiiiires, et des scoubidous, bidous wouah, des scoubidous, bidous

« Il faisait jour depuis un moment déjà, mais une fois n’est pas coutume, Léa n’avait pas eu envie de se lever ce matin-là. Emmitouflée dans sa couette, elle tentait de percevoir les bruits de l’extérieur, mais rien ne filtrait au travers des vitres, pourtant fines, de sa fenêtre. Elle sauta dans son pantalon qui l’attendait au pied de son lit, droit comme un i, et enfila pull et doudoune dans un même élan. Elle s’arrêta une seconde dans la salle de bain, s’aspergea d’eau froide et passa une main dans ses cheveux en guide de brushing. Quand elle ouvrit … Lire la suite

Et si la générosité était naturelle…

« C’était un de ces dimanches d’hiver où la tramontane n’a pas encore décidé de donner sa pleine mesure et où la timide chaleur du soleil le dispute à la fraîcheur encore très présente de la nuit. Léa prit son vélo. Il était trop tard pour assister au lever du soleil, mais le marché et ses bons produits lui tendaient les bras. Le marchand d’oeufs l’accueillit avec son habituel sourire et ce qu’il croyait être une boutade: « Alors, pas encore à l’eau? » Léa n’avait pas pris son maillot de bain et le regrettait déjà. La mer l’appelait Lire la suite