ARCHIVES MENSUELLES: septembre 2018

La vieille dame et la mer


Il fait un temps estival en cette fin de septembre. Le soleil est déjà haut dans le ciel et darde ses rayons aussi chauds que lumineux. La plage est pourtant déserte. Enfin, presque. Au beau milieu, tout près de l’eau, une vieille dame se prépare. Voutée par une arthrite déformante, habillée d’un maillot de bain deux pièces sans âge dont la culotte menace à tout moment de glisser de son corps décharné, elle entre dans l’eau à petits pas et avance jusqu’à hauteur de genoux. Puis soudain, elle s’immerge totalement, ressort puis s’immerge de nouveau et fait la planche. Elle
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Deux cœurs sur une pierre


Un petit cimetière de village perdu dans la montagne. Pas de tombes, juste des croix plantées dans des rochers. Et puis deux cœurs posés là, sur une pierre. Le temps a fait disparaître les inscriptions. Ne reste que deux formes, blanchies et polies par les éléments. Deux cœurs appuyés contre un mur, l’un légèrement plus haut que l’autre, comme s’il veillait tendrement sur le second. Deux cœurs, deux êtres unis au-delà du temps et de l’espace. A y regarder de plus près, ils ne sont pas à même le mur mais accrochés à ce qui pourrait s’apparenter à des croix
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Les trois amies


Elles sont trois. Trois à braver la nuit qui arrive doucement. Deux qui peignent, une qui prend des photos. Il n’y a pas un souffle d’air. Pas un bruit sinon celui de quelques oiseaux qui s’élancent pour un dernier vol avant d’aller se blottir quelque part pour dormir. L’étang se confond avec l’horizon. Nuages et eau, eau et nuages. Tout est reflets. Tout se fond, tout se confond. Le soleil s’est enfui sans crier gare, prenant garde tout de même à laisser de son passage un léger voile rosé qui donne au paysage cette ambiance si particulière de temps suspendu.
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J’ai compris qu’avec des si…


J’ai compris qu’avec des si, tu serais encore là, avec moi, à refaire le monde, mais que pourtant, tu reposais sous cette pierre.
J’ai compris qu’avec des si, tout était possible, mais que rien ne se réalisait vraiment.
J’ai compris qu’avec des si, je rêvais ma vie, mais que je ne la vivais pas.
J’ai compris qu’avec des si, je pouvais gommer la réalité, mais que je ne la changeais pas.
J’ai compris qu’avec des si, je croyais avancer mais que je ne faisais que stagner.
J’ai compris qu’avec des si, j’utilisais des verbes d’actions, mais que je les emprisonnais
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