A première vue…


D’abord des restes de la neige tombée la nuit passée. Et le soleil qui s’emploie à la faire fondre. Puis de petites touches de bleu azur, comme des morceaux de ciel venus tutoyer la terre. De petites touches de bleu qui, à y regarder de plus près, deviennent de douces et pétillantes violettes. Et au milieu de cette renaissance printanière, quelques flocons serrés les uns contre les autres pour tenter de résister à la chaleur montante. Résistance dérisoire et touchante que les violettes goûtent à juste valeur en s’enivrant de la glace devenue eau. Puis, au milieu de ce ballet de blanc scintillant et de bleu électrique, une petite pousse vert lichen qui passerait presqu’éteinte par le rayonnement des couleurs environnantes. Vue d’en haut, elle ressemble à un trèfle, un trèfle à quatre feuilles en plus, promesse de chance et de prospérité. Mais ce n’est qu’illusion d’optique ou rêve éveillé. La petite pousse a la couleur du trèfle, la forme du trèfle, mais ni sa texture, ni sa légèreté. Rien n’est jamais comme il y parait. Dans ce champ terrassé par l’hiver, la neige captait toute l’attention. Et au final, elle ne sera restée maître des lieux que quelques heures tandis que violettes et autres pousses printanières, moins détectables à l’œil qui ne regarde qu’en surface, y survivront bien plus longtemps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *