Burn out


Mes mots sont en panne. Ils se sont essoufflés de ma course éperdue. Las d’attendre que je les entende, ils ont stoppé net ma fuite en avant. « Burn out » pronostiquerait tout bon médecin. La course était trop rapide. La fuite trop éperdue. Ils n’arrivaient plus à s’ordonner, à donner du sens là où il n’y avait que l’esprit. Au départ, ils m’ont laissé faire. Fidèles compagnons de mes errances comme de mes inspirations les plus fines. Et soudain, ils ont dit stop. Ils ne voulaient plus être complices de ma cacophonie. Ils ne m’ont pas lâché, ils ne me lâcheront jamais, mais ils se sont mis en sourdine. Le temps que je me pose. Le temps que je me calme. Pariant que leur silence, soudain et inhabituel, ferait résonance en moi et m’alerterait du danger de perdition qui me guettait. Là, ils attendent. Blottis au creux de mon âme. Je connais leur patience. Je sais qu’ils vont revenir courir à la pointe de ma plume dès que je prendrai le temps de les écouter à nouveau. Ils m’ont laissé m’agiter, les utiliser au gré de mes humeurs, de mes emportements, de mes exaltations. Mais c’est leur tour de faire la loi, de me rappeler qu’on ne fait pas n’importe quoi avec eux. Ce matin, lorsque je regardais le soleil se lever au fil de l’horizon, je les sentais avec moi, tout près. Le moment est venu de reprendre la plume… Mes mots me poussent, se bousculent pour de nouveau se jeter sur la feuille et écrire une nouvelle histoire, raconter ce qui fait que la vie est si belle…

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