Des mots doux comme un duvet


Ce matin, je vous parlais de plume… Et bien, quand je suis allée me baigner pour la seconde fois ce matin (au passage, quel luxe d’habiter si près de la mer!), un doux duvet est venu jusqu’à moi. Il est arrivé de nulle part et est venu caresser ma main avant de s’éloigner, poussé par le vent et bercé par la mer ruisselante de soleil de soleil… Ce duvet m’a fait penser à une petite anecdote que j’avais presque oubliée tellement elle me semblait anodine… Cette semaine, je pars rencontrer un « sauveur d’abeilles », un bénévole comme il en existe tant et dont on ne parle jamais, qui recueille les essaims vagabonds et les soigne jusqu’à ce qu’ils reprennent leur voyage. Revenue au bureau, j’écris mon article comme je le fais habituellement (article que vous pourrez lire prochainement dans votre journal préféré « L’indépendant »… de l’Aude). Quand on écrit tous les jours, les mots s’ordonnent sans qu’on ait vraiment besoin de faire des efforts particuliers. Mais sur la route du retour, les mots viennent soudain frapper à la porte de mon esprit. Ils me soufflent à l’oreille que je ne les respecte guère et que je peux, que je sais bien mieux les utiliser qu’aujourd’hui… Le lendemain, de retour au bureau, je reprends le sujet de mon sauveur d’abeilles, plutôt j’ouvre une nouvelle page blanche. Très surpris, un de mes collègues m’interpelle:
– Mais tu n’avais pas déjà écrit cet article?
Tout sourire, je lui réponds.
– Si, mais il manquait l’essentiel!
Sa perplexité déclenche chez moi un début de fou-rire.
Ce que les mots m’avaient soufflé la veille, c’est que le portrait écrit la veille décrivait tous les sauveurs d’abeilles du monde, mais pas celui-ci en particulier. A la lecture de l’article, on ne savait finalement rien de lui, du lieu où il vivait, de son histoire, de sa façon d’être. Il manquait « juste » ce supplément d’âme qui fait de lui un être d’exception. Le duvet, tout à l’heure, est venu me rappeler combien les mots peuvent dire la douceur de l’âme si tant est qu’on veuille bien les utiliser ainsi…

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