Des poooooommes, des poiiiiiiires, et des scoubidous, bidous wouah, des scoubidous, bidous

« Il faisait jour depuis un moment déjà, mais une fois n’est pas coutume, Léa n’avait pas eu envie de se lever ce matin-là. Emmitouflée dans sa couette, elle tentait de percevoir les bruits de l’extérieur, mais rien ne filtrait au travers des vitres, pourtant fines, de sa fenêtre. Elle sauta dans son pantalon qui l’attendait au pied de son lit, droit comme un i, et enfila pull et doudoune dans un même élan. Elle s’arrêta une seconde dans la salle de bain, s’aspergea d’eau froide et passa une main dans ses cheveux en guide de brushing. Quand elle ouvrit la porte, le froid la saisit. Le sommet blanc de la montagne se détachait dans le ciel uniformément bleu azur. Le soleil éclairait la partie des arbres exposée à ses rayons, donnant à la forêt une luminosité exceptionnelle. Elle s’engagea sur le chemin pavé de feuilles multicolores. Les noyers s’étaient vidés de leurs fruits. En y regardant de plus près, elle dénicha tout de même quelques noix savamment dissimulées. Idéal comme petit déjeuner avant une marche matinale. Les châtaigniers n’avaient pas meilleures allure. Mis à nus par et pour l’hiver, ils hiberneraient ainsi jusqu’au printemps, le temps de retrouver vigueur et puissance. Dans le lit du ruisseau, les feuilles avaient remplacé l’eau et le silence, le doux murmure des gouttes qui s’écoulent. Elle écouta le silence. Intense. Prégnant. Et le laissa envahir chacune des pores de sa peau. Dans la vallée, la cloche d’une église la ramena à la réalité. Elle reprit son chemin et commença à grimper vers un endroit qu’elle aimait particulièrement. Peut-être pour la vie qu’il y avait eu et qu’il n’y avait plus. Ravie de l’abandon des hommes, la nature y avait repris ses droits, recouvrant presque complètement une vieille guimbarde des années 50. Des pommiers s’alignaient, signalant une ancienne plantation. Elle prit une des pommes tombées à terre et fut surprise de sa chair juteuse. Un peu plus haut, un poirier lui tendit les bras. Avec de beaux fruits charnus et gouteux. Il ne lui manquait plus qu’un bon café chaud. A défaut, elle s’allongea sur une tôle chauffée par le soleil et se laissa gagner par la douceur du moment. La vie est faite de petits moments d’exception, d’instants volés au temps où le seul fait de respirer prend toute son importance, où se laisser gagner par la beauté de ce qui nous entoure suffit à nous rendre heureux. » Christine Allix

 

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