La litanie du voisin

Une nuit d’hiver où la couette est notre meilleure amie… Soudain, une voix venue de nulle part…
– Puisque tu pars…
– Mais non, je ne pars, pas. Qu’est-ce que tu racontes?
La voix continue…
– Dans ton histoire
Je commence à émerger du pays des rêves…
– Garde en mémoire
Et soudain, je réalise. Je suis en train de parler à mon oreiller. A la limite d’étendre le bras pour le rassurer d’un geste et pour lui dire que non, non, je ne pars pas.
– Notre au revoir.
Là, elle m’agace cette voix! De quel au-revoir parle-t-elle donc?
– Puisque tu pars
Cette fois, j’ouvre un demi oeil et me dresse pour regarder l’heure et pour vérifier au passage que personne n’est venu se glisser dans mon lit à mon insu cette nuit! Le réveil affiche un joyeux (sic) 2h15. Ce qui n’a pas l’air de déranger la voix en question, qui continue sa litanie.
– J’aurai pu donner tant d’amour et tant de force
Je me laisse retomber sur mon oreiller qui lui, fort heureusement, ne parle pas et j’écoute. La voix ne m’est pas familière, au contraire de la mélodie. Au bout d’un moment, je comprends que c’est mon voisin qui, sans doute agité par quelque phase lunaire, chante à tue-tête la chanson de Jean-Jacques Goldman! Je le maudis gentiment et referme bien vite les yeux. Lui enchaîne… Avec avec une chanson de Sardou!
– Un peu d’enfer, le Connemara
Bon, pour l’instant, l’enfer, c’est juste lui qui m’a sortie de mes rêves à une heure plus qu’indue! Si au moins, il avait chanté l’hymne à l’amour, j’aurais pu rêver un peu. Là, entre un départ et une terre brûlée au vent, pas de quoi réchauffer un coeur! Et pas non plus de quoi passer une nuit tranquille… Allez, les z’enfants, bonne journée quand même!

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