La promesse d’aventures


Un petit escalier en colimaçon, juste assez large pour laisser passer une personne. Et des marches. Des marches à n’en plus finir. Des murs de pierres arrondies et polies par le temps, compagnons silencieux et imposants chargée d’encadrer la montée, qui semblent se resserrer au fil de la montée. Un regard qui n’a d’autre horizon pour se poser que les six marches suivantes. Et l’esprit qui n’a d’autre solution que de se limiter au temps immédiat. Puis la métamorphose, l’être tout entier qui se laisse porter par l’élan de la montée. Une première halte à l’étage de l’orgue, vieil instrument poussiéreux laissé à l’abandon, témoin d’un temps qui fut et qui n’est plus. Le regard, trop heureux de retrouver de l’espace, qui s’engouffre dans cette église désertée de ses pèlerins, qui vole au-dessus des bancs, qui se pose dans la nef. L’ascension qui reprend. Marche après marche. Une seconde halte, à l’étage des cloches cette fois. Quatre cloches, une grosse et trois petites qui, depuis des siècles, rappellent aux Hommes la permanence du temps qui passe. Quelques marches encore et le ciel qui s’offre en partage à un regard trop heureux d’être libéré de sa gangue de pierre qui épouse l’infini. Le temps suspendu, le souffle coupé de tant de de beauté. Puis la descente, le tournis, l’ivresse du retour sur terre. Chaque escalier est une promesse d’aventures. Certains sont défensifs, comme celui-ci, et ne permettent qu’un voyage solitaire. D’autres, comme celui d’un château médiéval situé à proximité sont ouverts à des cheminements collectifs. Aucun n’est anodin. Aucun ne parle de la même façon. Chaque escalier mène à soi.

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