La tramontane, le vélo et les courses

Ce jour-là, notre héroïne que pour plus de simplicité, nous appellerons Léa, avait décidé d’aller faire ses courses en vélo. Enfin décidé, façon de parler. Elle n’avait plus de voiture donc le choix restait limité. Marcher ou pédaler, elle avait opté pour la seconde option malgré une tramontane rageuse et glaciale. Vent de face, elle avait dû mettre toutes ses forces dans les coups de pédale pour se maintenir sur le vélo. Et pour avancer. Pendant son périple quelque peu laborieux il faut bien le reconnaitre, elle eut une pensée émue (sic) pour l’urbaniste qui avait conçu le tracé de la piste cyclable. A voir les traversées de passages piétons et les contournements de ronds-points qu’il imposait aux utilisateurs, il devait aimer les labyrinthes. Ou alors, penser à ses prochaines vacances ! Il avait même prévu un petit bout de chemin caillouteux pour les amateurs d’aventure. Quelle délicate attention… Surtout pour un vélo datant de Mathusalem, dont les boyaux, à peine plus épais que le doigt d’une main, avaient déjà bien du mal à supporter le poids d’une passagère! Bref, cahin-caha, elle franchit l’obstacle et finit par arriver, cheveux en bataille, dans le magasin de ses rêves (re-sic) pour ce qui, au départ, ne devait être qu’un petit ravitaillement de dépannage. Elle n’avait d’ailleurs pris qu’un minuscule sac à dos  pour contenir ses « minuscules » courses. Mais vous le savez comme moi, on va au magasin pour une chose et on repart avec dix voire vingt d’ailleurs… Surtout quand on prend un caddy (erreur fatale !) et qu’on oublie qu’on est venu en vélo (seconde erreur fatale !). Bref, quelques minutes plus tard, à la caisse, notre Léa nationale prit soudain conscience que toutes les courses qui s’accumulaient sur le tapis roulant n’allaient jamais entrer dans son (minuscule) sac et que même si elle en avait acheté un second, cela ne suffirait pas… pour contenir les 5kg de pommes de terre (elle avait une si grande envie d’écrasé de patates pour le repas !), le poisson, les 5 kg  de pommes (ben oui, 2kg offerts pour 2kg achetés, ça ne se refuse pas !) et tout le reste bien sûr indispensable à sa survie du jour ! Deux sacs à dos accrochés tant bien que mal sur ses épaules, un sac à la main, le tout sur un vieux vélo déjà pas très copain avec la stabilité, je vous laisse imaginer le spectacle… Heureusement que le ridicule ne tue pas. Et que la tramontane soufflait du bon côté !

Christine Allix

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