L’accident de train

 
Un lundi comme les autres. Enfin, pas pour le conducteur d’une camionnette qui vient d’avoir un accident. De loin, on aperçoit le véhicule déchiqueté, une armée de gendarmes, plusieurs camions de pompier. L’arrivée d’un hélicoptère ne présage rien de bon quant à l’état de santé de la ou des victimes. Sur cette route nationale particulièrement fréquentée, la file de voitures ne cesse de s’allonger. Personne ne passe. Ni d’un côté, ni de l’autre. Un demi-tour et un repli vers le premier village à proximité s’imposent pour contourner l’encombrement naissant. A ce moment, impossible de savoir ce qu’il s’est passé réellement. Au passage à niveau qu’il est nécessaire de franchir pour rejoindre le village, quelle n’est pas ma surprise, proche de l’effroi je dois dire, de voir les voitures se faufiler entre les barrières. Je n’en crois pas mes yeux, mais je suis le mouvement, prenant bien soin au moment de vérifier qu’aucun train n’arrive, ni d’un côté, ni de l’autre. Et là, je le vois. Le train est à l’arrêt. L’accident a mis en cause une camionnette et un train, ce qui explique sa gravité et la mobilisation assez exceptionnelle de moyens. Je poursuis ma route en espérant que les personnes en cause ne soient pas trop grièvement blessées et je m’engage dans le village de Bouleternère dont je connais les rues étroites pour m’y être perdue un jour… Sans imaginer ce qui les attend, les voitures s’enfilent à toute allure dans les rues les unes après les autres en comptant bien rattraper le retard pris par ce détour imprévu. Le problème, c’est qu’une même file de voitures venues de l’autre côté de l’accident fait de même. Et ce qui devait arriver, arriva. Tout le monde se retrouve coincé. Ceux qui descendent, et ceux qui montent, chacun essayant de forcer le passage. Il est toujours intéressant d’observer le comportement des gens dans pareille situation. La plupart perd tout discernement et au mieux croit sa voiture plus petite qu’il n’y parait et donc capable de passer dans un trou de souris, et au pire oblige son vis à vis à reculer alors qu’il est coincé par le véhicule qui l’a suivi les yeux fermés. Tout ça sous le regard hilare des habitants de la rue qui, de leurs fenêtres, tentent de faire la circulation pour au moins essayer de sauver les pots de fleurs et autre poubelles qui trônent devant leur porte. Pour la petit histoire, après avoir reculé pour laisser passer une Mercedes qui se prenait pour une Mini et après m’être offerte une belle tranche de rire quant à la stupidité humaine, je finis par me faufiler, guidée par des riverains trop heureux de voir quelqu’un s’amuser en pareille situation. Le lendemain, j’apprendrai qu’il n’y a qu’une victime et qu’elle a été transférée à l’hôpital.

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