L’amour des proches envers et contre tout

Le sujet n’est pas léger et les mots pour en parler dérangent. On peut même être tenté(e) de les fuir pour ne pas voir parce que c’est beaucoup plus confortable, parce que le pire concerne forcément les autres, parce qu’en cette époque de « il faut » pardonner, laisser le passé derrière, regarder le positif, être joyeux quoi qu’il arrive, on ne se laisse plus aller aux états d’âme. Si tristes et si désespérés peuvent-ils être parfois, ils sont partie intégrante de notre être. Comment accéder à sa part de lumière si l’on refuse sa part d’ombre?

« Un œil presque fermé, les joues boursouflées, des lèvres en sang. Plus de regard. Presque plus de vie. Juste des larmes pour ne pas qu’on lui fasse de mal à lui. Juste quelques mots : « Il n’était plus lui-même. » Et deux mères face à face. Celle d’une fille détruite, physiquement et psychologiquement, par un malade. Et celle d’un malade qu’elle veut malgré tout protéger. Dialogue impossible. Incompréhension réciproque de deux mères confrontés à l’insoutenable, à l’injustifiable. Puis les plaintes pour l’arrêter lui et pour la sauver elle. Puis le laborieux et patient dialogue entre une mère et sa fille pour faire tomber l’emprise. Puis le courageux cheminement d’une jeune fille qui a grandi trop vite, pour comprendre et devenir une femme libre et indépendante que personne ne pourra plus jamais toucher.
En France, une femme meurt tous les trois jours victime de violences conjugales. Si la violence faite aux femmes est une réalité de tous les jours, elle n’est pas inéluctable. L’amour des proches, envers et contre tout, peut sauver du pire. Même s’il faut du temps. Même quand rien ne semble devoir évoluer. La violence se répète et va souvent jusqu’à la mort parce que le bourreau a fait en sorte d’isoler sa victime. C’est contre cet isolement qu’il faut lutter. »

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