Le bambou rebelle


« Tout le monde lui disait : « Ce n’est pas là que tu dois vivre. Ce lieu n’est pas pour toi. » Mais la pousse de bambou s’était obstinée. C’est là, sur cette plage, dans ce sable, qu’elle se sentait elle-même. C’est là, face à la mer, qu’elle voulait vivre. Peu lui importait ce que pensaient les autres, ce qu’ils disaient être bon pour elle. « Tu ne pourras jamais grandir sans une terre riche et fertile ; l’air marin te desséchera ; le sable te recouvrera ; les gens te marcheront dessus. » La pousse de bambou n’avait plus envie d’écouter qui que ce soit. Elle avait donc suivi son instinct et ses envies profondes. Et elle était là, plantée dans ce sable qu’elle avait si souvent imaginé sans pouvoir en sentir la douceur. Elle était là, non pas bravant les éléments, mais vivant, jouant avec eux. En parfaite harmonie. Pliant quand le vent se faisait trop fort, ouvrant ses feuilles à la pluie salvatrice quand les nuages se décidaient à l’arroser et à la laver du sel de l’air marin, offrant son cœur au soleil quand il venait l’éclairer de chaleur et de lumière. Longtemps, elle avait subi ce que les autres voulaient faire d’elle. Là, elle était à sa place, celle qu’elle avait véritablement choisie. Faisant fi des conventions et autres habitudes stériles. Elle réalisait son rêve : passer ses journée devant l’horizon infini, sentir le vent caresser ses feuilles, se saouler de l’air du large, se repaître du spectacle des grains de sable dansant de joyeuses farandoles. Elle, la gentille pousse de bambou que rien a priori ne distinguait des autres pousses de bambou, laissait exulter la rebelle qui dormait au plus profond d’elle-même pour aller là où personne ne l’attendait et, enfin, se réaliser. »
Si vous avez lu le premier texte publié ce matin à partir de la même photo, vous pouvez constater combien le champ de l’écriture est vaste et infini. D’un mot, d’une image, d’une sensation peuvent naître des milliers d’histoires. Il suffit de se laisser porter par l’émotion du moment, par l’éclair d’une inspiration qui, venue de nulle part, illumine soudain la feuille blanche d’un propos personnel dont on ne soupçonnait pas l’existence. Laissez-vous porter vous aussi. Peut-être, au départ, ne sortira-t-il qu’un mot ou qu’une phrase, mais rappelez-vous, c’est comme la pelote de laine. Quand on commence à tirer le fil, on n’est jamais au bout de ses surprises…

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