Le banc


Le banc attendait que quelqu’un voulût bien se poser sur lui. Il attendait. Inlassablement. Mais qui serait venu s’asseoir là regarder les vagues éteintes par la digue ? Qui serait venu contempler les mouettes attraper les poissons piégés par la barrière de pierres ? Un jour, il en eut marre. Il implora la lune et le vent de s’unir. Alors la lune rendit jour la nuit. Le vent rendit mer le sable. Et les quatre se mêlèrent, se fondirent jusqu’à se confondre. Et l’Homme enfin lâcha prise. Parce qu’il n’avait plus plus contrôle. Parce qu’il n’avait d’autre solution que de subir. De regarder, de contempler, d’admirer. Et le banc, enfin, se sentit vivre. Il suffit d’un regard pour changer toute une vie…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *