Le camembert et les braises un peu moins chaudes

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Il est né d’un savant mélange de lait cru et de présure, de gestes mille fois éprouvés, de traditions patiemment transmises. Il s’invite en fin de repas ou lors d’une soirée entre amis. Ce soir-là, le camembert de ma Normandie natale est allé de découvertes en découvertes. Il s’est posé sur les braises les moins chaudes d’une cheminée chaleureuse et réconfortante comme ses hôtes. Il s’est laissé fondre tout doucement avant de se laisser déguster, accompagné de pain et d’un petit vin tunisien léger et doux comme une soirée d’hiver. Il a ravi le palais de celles qui le dégustaient. Ni trop fort, ni trop lisse. Fondant et goûteux à souhait. Aussi puissant que l’amitié qui réunit des êtres autour d’une table, aussi subtil que l’intelligence du cœur qui les fait s’écouter autour d’un feu de bois, aussi doux que la tendresse qui les fait rire de tout, qui les fait entendre et apaiser la tristesse. La vie est courte les amis. N’oubliez pas d’aimer, seconde après seconde, minute après minute. Rangez le temps dans un placard et prenez la vie à bras le corps. Un mot, un regard, un geste, un instant volé au rythme souvent prégnant du quotidien, une pensée… Dire à quelqu’un combien on l’aime peut prendre tellement de formes qu’il serait dommage de se priver et surtout d’en priver les intéressés. La vie est courte. Ce n’est pourtant pas tant sa durée qui importe, mais l’intensité qu’on y met, y compris et surtout dans les moments les plus simples comme celui de partager un camembert entre amies. Alors oui, vivez les amis. Vivez comme si tout pouvait s’arrêter à tout instant et vous verrez combien votre cœur s’exaltera de tout et de rien.

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