Le journal


7h, un matin d’été, sur la plage ensoleillée… Ce pourrait être le titre d’une chanson… Après des jours et des nuits de canicule, l’air s’est enfin rafraîchi. Un homme, avec une serviette de bain autour du cou pour seul bagage, se dirige vers la mer d’huile, suivi de près par une femme qui, visiblement partage le même désir de baignade. Un couple et un enfant en bas âge leur emboîtent le pas. Sur le front de mer, les commerçants estivaux s’activent à installer leurs stands de robes d’été, paréos, claquettes et autres savons parfumés. La station balnéaire se réveille doucement. Le ciel bleu azur ne souffre d’aucun nuage et une petite bise encore imprégnée de la fraicheur de la nuit effleure les corps à peine réveillés. Au bout de la passerelle en bois, juste à côté du poste de secours, une femme est assise, en plein passage, comme si elle avait été saisie d’un besoin incontrôlable. Elle est pieds nus dans le sable, ses sandales et son téléphone soigneusement posés à côté d’elle. Elle ne semble entendre ni voir personne, toute entière plongée dans la feuille blanche qu’elle recouvre de mots à un rythme effréné. On la dirait prête à plonger dans ce journal à la couverture cartonnée et à rejoindre cette histoire qu’elle raconte. A qui s’adresse-t-elle? Quel événement provoque une telle urgence d’écriture? A un moment, elle s’arrête et pose carnet et crayon. Besoin de reprendre sa respiration peut-être, ou alors soudaine peur d’être engloutie par son inspiration… Puis elle reprend son cahier et son crayon, pose le premier sur son genou droit et penche la tête vers le second, son âme toute entière accompagnant les mots qui s’impriment au fil de l’encre… Quel spectacle fascinant que celui d’une personne se livrant ainsi au travers de l’écriture…

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