Le rêve


Arrêtée à un stop, une 4L, ma voiture fétiche car symbole d’aventure, de liberté et de folie douce. Peint sur la carrosserie, le désert. Le désert bleu du Sahara central. Et, en osmose avec ce désert, indissociable de ce désert, le visage d’un touareg, enveloppé dans son chèche qui, dit-on, le protège du sable et du vent, mais lui permet aussi de dissimuler ses émotions. Un visage et surtout un regard qui me transperce. Je ne suis plus dans ce petit village des Pyrénées orientales, un jour de ciel grisâtre, attendant que le feu passe au vert. Je suis dans le désert, avec lui qui me dit : « Enfin, tu te souviens de moi ! » Notre dialogue muet est si profond que j’en frissonne d’émotion. Oui, je me souviens de ce rêve de jeunesse de participer au rallye 4L Trophy. Je l’avais enfoui quelque part en moi ce rêve, mais plusieurs fois depuis mon retour en France, il a tenté de ressurgir sous diverses formes… je n’y ai pas prêté attention, ou plutôt j’ai refusé d’y prêter attention, j’avais plus urgent à régler. On croit toujours qu’on a plus urgent à régler. On laisse la vie nous dévorer et on abandonne nos rêves à leur triste sort. Et pourtant… Qu’y-a-t-il de plus précieux que nos rêves ? Ils sont l’essence même de notre âme, des perles d’insouciance et d’innocence sur un chemin parsemé de cailloux. Et après mon corps, mon âme me supplie de l’écouter, d’écouter cet appel du désert. Jusqu’à mettre sur mon chemin ce touareg venu m’inviter à découvrir sa terre dans une de ces 4L qui résistent à tout, même aux bacs à sable ! Alors oui, c’est décidé, je vais répondre à l’appel et partir sur les pas du petit prince de Saint-Exupéry qui m’a accompagnée toute cette vie. Oui, c’est décidé, je vais sortir mes rêves de la boîte en carton où je les avais précautionneusement rangés et je vais les réaliser un à un. Quelqu’un a dit un jour : « Il doit rester quelques rêves d’enfant sous mon oreiller. Je tenterai de ne pas les écraser avec ma tête lourde de soucis d’adultes. » Alors, ce soir, avant de vous coucher, soulevez doucement votre oreiller, regardez s’il ne s’y trouve pas un de vos rêves d’enfant et laissez-vous transporter…

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