Les amoureux qui s’bécotent…


Ils sont sur le rebord du mur opposé et se courent après dans un rythme effréné. Curieux pour des pigeons de se déplacer ainsi. Ils vont d’un bout à l’autre du rebord sans s’arrêter une seule seconde, comme lancés dans une course dont eux seuls connaissent l’issue. Danse de l’amour harmonieuse et voluptueuse. Parade nuptiale prémisse à de passionnés ébats. Ils ne semblent pas pressés, prennent le temps de se chercher, jouent à s’éviter, à se perdre, à se retrouver. Le mâle, ou supposé tel, enfle le cou, gonfle ses plumes, tourne sur lui-même tout en roucoulant doucement. La femelle fait comme si tout cela ne l’intéressait pas, mais reste à proximité. Et soudain, comme mus par le même élan, ils se rapprochent, s’embrassent dans le cou, se frottent l’un contre l’autre dans un mouvement doux et tendre. Puis, ils se détachent à nouveau et reprennent leur danse. Jusqu’à ce qu’ils se retournent l’un vers l’autre et commencent à se bécoter. Leurs becs semblent soudés dans ce profond et langoureux baiser. Spectacle étonnant et magique. Puis leurs becs se défont et le ballet reprend. Viens que je t’attrape… Je t’aime moi non plus… Tous ces mots qu’ils ne disent pas, qu’ils ne pensent même pas d’ailleurs, et qui pourtant semblent voler autour d’eux… Ils se font de nouveau face et le baiser fait place au ballet… Finalement, si c’était à ça qu’on reconnaissait l’Amour, au temps que l’on prend pour se connaitre, à la cour que l’on se fait, à la confiance et à la passion que l’on y met…

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