Les chaussons

Depuis plusieurs jours, trône sur le trottoir une paire de chaussons. A leur bord aplati et au modèle, ils ont appartenu à un homme d’un certain âge… Du même propriétaire apparemment, des paires de lunettes de vue avec leurs étuis, des papiers, de vieux porte-manteaux en bois… Sur l’un d’eux, des initiales: E.B… Qui pouvait bien être ce monsieur E.B.? Edouard? Edgard? Emile? Ernest? Et pourquoi pas Epicure? Ou Engel? Il y a quelque chose d’indécent à voir ainsi jetés dans la rue les affaires les plus intimes d’une personne… Et aussi quelque chose de très touchant… Ces jours, je n’ai pu m’empêcher de penser à cet homme, à la vie qu’il a dû avoir et dont je ne saurai jamais rien de plus que ce que ses affaires ont bien voulu me dire… A quoi bon passer sa vie à amasser des biens, des choses, des souvenirs… Quand l’heure de partir sonne, tout ça n’a plus guère d’importance… Ne reste que l’amour… Et à voir ces chaussons ainsi malmenés par le vent et la pluie, je me demande si cet homme a été aimé…

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