Les trois amies


Elles sont trois. Trois à braver la nuit qui arrive doucement. Deux qui peignent, une qui prend des photos. Il n’y a pas un souffle d’air. Pas un bruit sinon celui de quelques oiseaux qui s’élancent pour un dernier vol avant d’aller se blottir quelque part pour dormir. L’étang se confond avec l’horizon. Nuages et eau, eau et nuages. Tout est reflets. Tout se fond, tout se confond. Le soleil s’est enfui sans crier gare, prenant garde tout de même à laisser de son passage un léger voile rosé qui donne au paysage cette ambiance si particulière de temps suspendu. Les trois amies partagent ce moment avec un plaisir évident. Ensemble et à la fois seules. Chacune dans sa contemplation, chacune s’employant à saisir l’instant, à le croquer, à le figer pour, sans doute, le partager ensuite avec les êtres aimés. L’une d’elle dit les mots si difficiles à sortir, le pinceau si facile à tenir. Elle est assise en tailleur, le carnet et le bras appuyés sur un de ses genoux, sa petite boîte de pastel et sa trousse posées devant elle. Une mèche de cheveux blancs effleure ses lunettes cerclées de rouge. Le temps s’est arrêté. Le geste de sa main est doux, précis. Elle est cette barque qu’elle peint. L’écriture, comme la peinture, comme la photo, comme tout autre moyen de d’expression, permet de dire les ressentis, d’exprimer sa sensibilité, de raconter ce que l’on voit, ce que l’on entend, de partager aussi, surtout. Elle n’est pas réservée à une élite. Alors, lancez-vous!

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