« Lipuce, La luciole et le géant d’argile »

« La luciole n’avait pas bougé. Elle observait, à la fois compatissante et amusée, le désarroi de l’enfant. Difficile de sortir d’une prison, même dorée, quand on y a été si longtemps enfermé…
– Tu as le choix. Toi seul peut choisir d’ouvrir ou non cette porte. De quoi as-tu peur ?
– Je ne sais pas ce que je vais trouver dehors. Ici, je suis seul, c’est vrai, mais je connais chaque centimètre carré de cet endroit. Personne ne me donne d’amour, mais personne ne me fait de mal non plus. Je ne risque rien.
– Tu crois vraiment qu’être seul, que ne pas être aimé, ce n’est pas souffrir? L’oubli, l’abandon, l’absence d’amour sont les pires des fléaux. Pour un enfant comme toi comme pour tout être vivant.
Lipuce ne savait plus que penser. Sa curiosité insatiable le disputait à sa crainte de l’inconnu.
– Tu vas venir avec moi si je sors?
– Bien sûr. Nous hommes liés à jamais. Et depuis toujours. Même si tu n’en avais pas conscience, j’ai toujours été là. Et je resterai avec toi jusqu’à la fin des temps.
Peu à peu, l’enfant sentit la paix l’envahir. La présence de la luciole le rassurait. Comment avait-il pu ne pas la voir toutes ces années?
– On est parfois tellement tourné vers soi-même, tellement préoccupé par sa survie qu’on est incapable de voir autre chose, y compris l’essentiel. » Extrait du conte « Lipuce, la luciole et le géant d’argile », Christine Allix.

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