Poing à la ligne


Je dormais à poings fermés ce matin-là quand quelque chose m’a réveillée. Quelque chose comme un imperceptible agacement. Je me mis en réflexion. En perdant mes points de repère, j’avais l’impression d’être au point mort et même d’avoir atteint le point de non-retour. J’ouvris la fenêtre et levais les yeux. Ce que je vis me laissa bouche-bée : comme en accord avec mon humeur du jour, les nuages avaient formé un poing. Autant dire que l’image tombait à point nommé ! Que voulait-il me dire ce poing levé dans le ciel ? Levé, serré ou tendrement lové autour d’un objet précieux ? Allez savoir ! Tout est histoire de perception dans la vie… Alors qu’au réveil, j’avais envie de faire le coup de poing, ces nuages m’appelaient à la réflexion. Je n’avais plus envie de taper du poing sur la table, ni de mettre les points sur les i. Plutôt que de chercher un point d’impact ou de donner des coups de poing dans le vide, je me tournai tour à tour vers les quatre points cardinaux et laissai la sérénité revenir jusqu’à atteindre son point d’orgue. La conscience ne se transmet pas. Elle s’acquiert à force de travail sur soi. Il faut avoir domestiqué son ego pour pouvoir respecter l’autre dans ce qu’il est et dans ce qu’il a à apporter. Dans une société de consommation où l’on jette aussi vite que l’on a pris, où l’on surfe d’une activité à une autre sans vraiment s’y arrêter, les poings ne servent pas à grand-chose. Point besoin d’opération coup de poing pour faire comprendre ça, point d’amertume ni de colère à avoir. Juste accepter ce qui est. Point à la ligne.

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