Stop à la violence faite aux femmes!

En cette journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, deux témoignages, deux souffrances, celle d’une jeune fille battue par son petit ami, et celle d’une mère confrontée au pire qui soit, à la mort annoncée de son enfant si elle ne trouve pas comment l’aider pour sortir de cette violence.
En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Dans le monde, une femme sur trois est victimes de violence conjugale.
« Les coups
Ce soir-là, il avait encore bu. Plus il buvait et plus je savais que ça allait dégénérer. Quand j’ai voulu me confier à la tante présente sur le viol subi quelques temps auparavant, il a commencé à me pincer les cuisses. De là, tout est parti en vrille. Il s’est levé et m’a donné des coups de poing au visage. Il a réussi à me mettre à terre et m’a écrasé la tête avec ses chaussures de sécurité. Puis il a planté ses ongles dans ses deux joues et m’a regardée d’un air diabolique. J’ai réussi à me dégager avant qu’il puisse percer mes joues avec ses ongles. Je me suis enfermée dans les toilettes, jusqu’à ce qu’il essaye de la défoncer. Je suis ressortie et j’ai couru partout dans la maison pour essayer de lui échapper. Il me courait après comme s’il voulait me manger. Sa tante a voulu se mettre entre nous. Elle s’est ramassé une claque qui l’a propulsée dans le lit. En désespoir de cause, elle a appelé la police. Elle est arrivée deux heures après. Alors que j’avais le visage défiguré, ils m’ont demandé mon prénom et mon âge et sont repartis avec lui. Une heure après, ils l’ont ramené… Nous sommes allés nous coucher et l’enfer a continué. Il me mordait, il me pinçait et dès que je montrais un signe de peur ou de faiblesse, ça le mettait encore plus hors de lui. Le lendemain matin, ma mère a réussi à me retrouver et m’a emmenée de force à l’hôpital. Comme il n’y avait plus de place pour m’hospitaliser, ils m’ont transférée dans un hôpital psychiatrique. Défigurée et choquée, je me suis retrouvée au milieu de personnes complètement déconnectées, de personnes ailleurs. Ces deux jours ont failli me rendre folle, mais au final, ils m’ont sauvé la vie parce que j’ai commencé à comprendre que j’étais sous l’emprise de mon copain et que je devais le quitter sinon il allait finir par me tuer. C’est l’amour de ma mère qui m’a sauvée. Elle ne m’a jamais laissé tomber. Et aujourd’hui, je suis libre. » Une jeune victime de violences de son petit ami.

« L’inconcevable
J’étais là, les bras ballants. Comme suspendue dans un espace-temps inconnu. Incapable du moindre mouvement ou du moindre mot. Je regardais sa fille et ne la reconnaissais pas. Ça ne pouvait être elle, cette jeune fille au visage défiguré par les coups. Toute la nuit, je m’étais inquiétée pour elle. Et quand j’avais fini par m’endormir, un cri au cœur m’avait réveillée. Un cri si fort que j’en avais fait pipi dans mon lit. A partir de cet instant, je savais qu’il était arrivé quelque chose de grave. J’ai alors multiplié les appels, les supplications, les menaces pour que celles et ceux qui savaient lui disent où elle se trouvait. Devant ma détermination, ils ont fini par avouer. Et je suis là, sur ce parking, regardant sans réussir ni oser comprendre, sa fille en morceaux. Quand enfin je réalise ce qui se passe, j’éclate en sanglots, puis je tente de prendre ma fille dans mes bras, mais elle me repousse en me suppliant de ne rien faire contre celui qui a fait ça, répondant à mes larmes de révolte par des larmes de rage et de désespoir. Nous sommes là, face à face, séparées par l’insoutenable, l’injustifiable, l’invraisemblable. Scène apocalyptique à laquelle participe une autre femme, la mère de l’agresseur, à laquelle se mêlent d’autres larmes. Je n’en peux plus d’entendre cette femme pleurer de peur pour ce qui va arriver à son fils. Je voudrais les faire disparaître tous les deux. Pourtant, je sais au fonds de moi que s’il disparaissait, il y a en aurait un autre comme lui qui arriverait, que pour mettre fin au cauchemars, je dois aider ma fille à devenir libre et indépendante de tout et de tous. Juste libre et indépendante de tout et de tous. » Une mère de jeune victime.

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