
Une correspondance initiatique
3 août 2026Quand le papier permet de laisser une trace…
12 juin 1942. Anne Frank fête ses 13 ans en famille, à Amsterdam où sa famille originaire d’Allemagne s’est réfugiée. Elle reçoit en cadeau un journal intime. Soucieuse de « correspondre avec quelqu’un », elle commence à écrire à des amis imaginaires, personnages de livres ou pures inventions, dont la fameuse Kitty qui deviendra sa seule et unique confidente.
Pour l’adolescente qui rêve de devenir journaliste ou écrivaine, il s’agit juste de se confier à quelqu’un qui peut tout entendre. Sans contrainte, sans pression, sans attente parce que, dira-t-elle avant de se lancer dans l’aventure, « le papier a plus de patience que les gens ».
Elle ne sait pas encore quel destin funeste l’attend et quelle incroyable trace de son passage sur terre elle va laisser.
A l’époque, l’Allemagne nazie occupe les Pays-Bas depuis deux ans déjà. Et les mesures antijuives se multiplient. Les Juifs de plus de six ans doivent désormais porter l’étoile jaune. Les déportations en Allemagne commencent. La famille se réfugie alors dans l’Annexe, une cache aménagée derrière une bibliothèque pivotante au sein même de l’entreprise familiale.
Le pouvoir des lettres
Son journal fait partie des premières choses qu’Anne met dans son sac au moment du départ. Dès lors, contrainte au silence, la jeune fille se réfugie dans l’écriture. Sous sa plume, les personnages prennent vie. « Chère Kitty… J’aime surtout t’écrire, tu le sais, n’est-ce pas, et j’espère que le sentiment est réciproque. » Et lui permettent de partager sa vision du monde et ses émotions. En mars 1944, elle écrit: « Le point le plus lumineux de tous, c’est qu’au moins je peux écrire mes pensées et mes sentiments, sinon je suffoquerais complètement ».
Le 4 août 1944, la cache est découverte. Anne est arrêtée, emprisonnée, déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen où elle mourra en février 1945.
Le Journal d’Anne Frank témoigne ainsi de la puissance et de la portée que peut prendre une lettre, même et surtout quand elle n’est pas envoyée, mais écrite d’abord pour soi.
C’est ce que propose Correspondance initiatique, un programme de 24 lettres à écrire sur trois mois.


