« Le papier a plus de patience que les gens »

24 septembre 2026

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Ecrivaine et muse, Josette Clotis a marqué son temps

Ecrivaine et muse, oui, c’est possible. C’est en tout cas le destin de Josette Clotis qui, sans sa rencontre avec André Malraux, aurait sans doute connu un destin littéraire beaucoup plus prestigieux.

La jeune femme, dont une grande partie de la famille est originaire des Pyrénées-Orientales, écrivait tout le temps. Partout. Et sur tout support qui lui tombait sous la main. Feuilles de cahier, serviettes en papier, papier à en-tête des restaurants où elle séjournait…

Elle écrit des lettres d’amour enflammées à l’amour de sa vie, André Malraux, mais pas seulement.

Dans son journal, elle évoque ainsi ses vacances dans la baie de Collioure, « parmi une bande joyeuse, insouciante, débraillée », qui peut « dormir toute la journée, se promener toute la nuit en regardant clignoter les fanaux des pêcheurs d’anchois ».

Réduire cette femme brillante à son histoire avec l’écrivain serait lui faire injure. Et sous-estimer la femme de lettres.

Une écrivaine publiée par Gallimard

Gallimard l’avait compris, qui, dans les années trente, publia ses romans dont Le Temps vert. Elle était encore très jeune, 20 ans, mais avait déjà un long passé d’écriture derrière elle.

À l’époque, comme elle le fera toujours, la jeune femme aux yeux aigue-marine et à la beauté envoûtante défie les conventions. Elle monte à Paris pour faire connaître ses livres, avec le culot qui caractérise la femme libre et au caractère bien trempé qu’elle n’a pas peur d’incarner.

Sa rencontre avec Malraux va peu à peu sceller la fin de sa carrière d’écrivaine publiée. Mais pas celle de la femme de lettres, qui continue inlassablement d’écrire sur ce qui se passe autour d’elle.

Alors, que reste-t-il aujourd’hui de Josette Clotis ?

Une valise en carton remplie de carnets, de lettres et de récits autobiographiques, pieusement conservés par Marie-Chantal Dos Santos, la fille de la meilleure amie de Josette, qui poursuit aujourd’hui un objectif : réhabiliter l’écrivaine et la faire connaître (et reconnaître) au-delà des frontières catalanes.

La correspondance très fournie de Josette Clotis montre combien la lettre a ce pouvoir fascinant de défier le temps qui passe et de perpétuer la vie de celle ou de celui qui l’a écrite.

Christine Allix

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