Pourquoi écrire à la main?

13 octobre 2026

Pourquoi écrire à la main?

13 octobre 2026

Ce jour-là, je pense à tout sauf à partir en pèlerinage. L’automne est enfin arrivé et il fait gris, limite frisquet après les fortes canicules de l’été. Bref, un temps à rester chez soi. Mais auto-confinée depuis des jours au regard du prix du carburant, je prends ma voiture et je me laisse guider. Par les temps troublés qui courent, j’ai envie de forêt, de rivière, de calme.

Non loin de Pézilla-la-Rivière, à Vinça, la chapelle Saint Père de Belloc s’impose à moi. La dernière fois que j’y suis venue, c’était avec ma petite chienne, Lola. Il avait neigé et nous avions gravi le chemin jusqu’à la chapelle, elle s’enfonçant dans le manteau blanchâtre jusqu’au cou et moi essayant de ne pas glisser sur les cailloux.

L’après-midi est bien avancée et les quelques randonneurs que je croise sont sur le départ. D’autant qu’une petite pluie fine s’est mise e à tomber. Je ne suis pas équipée pour la marche qui m’attend, mais l’envie de retrouver Lola par le souvenir est trop forte.

De marche imprévue à pèlerinage émouvant

Les feux qui ont ravagé le secteur n’ont laissé que des troncs calcinés. Et une odeur de bois brûlé qui prend à la gorge, au cœur même. À des kilomètres à la ronde, le même spectacle de désolation. La même vision d’apocalypse.

Le chemin qui mène à la chapelle a été consolidé et des panneaux appelant au respect de la biodiversité installés un peu partout.

Là-haut, aussi loin que porte le regard, on ne voit plus que les pistes de terre. Toute la végétation a disparu, réduite en cendres. La chapelle et les deux oliviers qui encadrent l’édifice religieux font exception et ravivent l’espoir. D’autant qu’ici et là, quelques plantes ont recommencé à sortir de terre.

Et soudain, au loin, j’aperçois un autre édifice religieux lui aussi intact, l’Hermitage de Domanova. Incroyable vision que ces deux bâtiments qui dominent une nature dévastée !

Tout en redescendant, je repense à Lola, ma compagne d’aventures, et à cette liberté d’être que je n’écoutais plus. Son plaisir, c’était de m’accompagner partout où j’allais. Aujourd’hui, elle n’est plus là. La voiture qui m’emmenait partout a rendu l’âme. Les arbres qui faisaient du site un lieu merveilleux ont brûlé. Mais la chapelle est toujours là.  Et Lola aussi d’une certaine façon.

Car tout le long de cette marche, je l’ai vue courir devant moi, s’arrêter, se retourner, vérifier que j’étais bien derrière et continuer à avancer, à chercher, à s’arrêter, à sentir. Je l’ai entendue me dire : sors de chez toi, reprends la route, redeviens l’aventurière que tu es.

Cette excursion imprévue s’est transformée en pèlerinage pour, finalement, me ramener à ce que je suis au plus profond. Comme pour me rappeler que tous les chemins, y compris d’écriture, mènent à soi…

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