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Tenzin et Yangchen, réfugiées tibétaines à l’ineffable sourire

Un samedi, rue Saint-Gil, à Perpignan, c’est jour d’inauguration au cabinet Himalaya. Il fait beau en ce  12 septembre et chaud, très chaud même. Les amis et les invités se pressent dans le local fraîchement rénové. Des infusions de menthe-citron et de gingembre citron adoucissent les gorges sèches. Bientôt, tout le monde se retrouve dans la rue où tour à tour, les professionnels du centre interviennent pour une courte présentation : Laetitia Pichat, masseuse de bien-être et formatrice, commence, Jean-Philippe Gillot, thérapeute bouddhiste, Denis Malis, yoga thérapeute bouddhiste, et Ilda Marino, hypnothérapeute humaniste. Stéphanie Tribou, spécialiste en ayurvéda et en yoga, n’a pu être présente, mais ses collègues se chargent de la présenter.

Arrivent ensuite Tenzin et Yangchen, deux réfugiés tibétaines de 23 et 38 ans arrivées en France un an en arrière pour la première, six mois pour la deuxième. Pour remercier leurs hôtes perpignanais, en l’occurrence les membres du cabinet Himalaya, de les avoir accueillies, elles ont préparé des plats typiquement tibétains. Des « momos », raviolis farcis de viande ou de légumes agrémentés de diverses épices et cuits à la vapeur, et des « shabhaley », galettes à la farine d’orge grillé que l’on déguste avec une sauce au fromage blanc relevée d’oignons, de tomates, d’ail, de menthe et de curcuma.

Tenzin et Yangchen ont quitté le Tibet parce qu’elles ne pouvaient plus pratiquer leur culture et que le seul fait d’être proche du DaIaï Lama et de ses enseignements les mettaient en danger. Les deux jeunes femmes parlent de « catastrophe » quand elles évoquent leur pays sans entrer dans les détails, leur famille vivant toujours là-bas. « Beaucoup de précieux temples ont été détruits », se contentent-elles de répondre à la question de savoir ce qui se passe vraiment là-bas. Elles n’ont pas choisi la France par hasard. « On avait entendu que la France était toujours gentille avec les Tibétains… »

Aujourd’hui, elles se construisent une nouvelle vie et cuisinent à la demande des plats traditionnels tibétains. Leur sérénité et la douceur de leurs sourires tranchent avec la violence de ce qu’elles vivent, de ce déracinement qu’elles savent définitif. Tenzin a décidé d’attendre l’année prochaine pour entamer une formation. « Je veux d’abord voir ce qui sera le mieux pour moi », explique-t-elle en souriant.

Un peu gênées d’être mises en avant ce samedi, les deux femmes n’ont laissé personne indifférent tant il se dégageait d’elles paix et sérénité. Alors, un conseil ou plutôt une invitation : allez les rencontrer. Vous serez surpris de ce qu’elles arrivent à faire passer par leur regard et leur attitude au-delà du français qu’elles ne maitrisent pas encore tout à fait. 

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