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29 septembre 2020Un samedi, rue Saint-Gil, à Perpignan, c’est jour d’inauguration au cabinet Himalaya. L’occasion inespérée de rencontrer deux réfugiées tibétaines.
Il fait beau en ce 12 septembre et chaud, très chaud même. Les amis et les invités se pressent dans le local fraîchement rénové. Des infusions de menthe-citron et de gingembre citron adoucissent les gorges sèches. Bientôt, tout le monde se retrouve dans la rue où les professionnels du centre interviennent pour une courte présentation.
Arrivent ensuite Tenzin et Yangchen, deux réfugiées tibétaines de 23 et 38 ans en France quelques mois en arrière. Pour remercier leurs hôtes perpignanais, elles ont préparé des plats typiquement tibétains. Des « momos », raviolis farcis de viande ou de légumes agrémentés de diverses épices et cuits à la vapeur. Et des « shabhaley », galettes à la farine d’orge grillé que l’on déguste avec une sauce au fromage blanc, oignons, tomates, ail, menthe et curcuma.
Loin du Tibet, les deux réfugiées se construisent une nouvelle vie
Tenzin et Yangchen ont quitté le Tibet parce qu’elles ne pouvaient plus pratiquer leur culture. Et que le seul fait d’être proche du DaIaï Lama et de ses enseignements les mettaient en danger. Les deux jeunes femmes parlent de « catastrophe » quand elles évoquent leur pays sans entrer dans les détails. Car leur famille vit toujours là-bas. « Beaucoup de précieux temples ont été détruits », répondent-elles à la question de savoir ce qui se passe vraiment là-bas. Elles n’ont pas choisi la France par hasard. « On avait entendu que la France était toujours gentille avec les Tibétains… »
Aujourd’hui, elles se construisent une nouvelle vie et cuisinent à la demande des plats traditionnels tibétains. Leur sérénité et la douceur de leurs sourires tranchent avec la violence de ce qu’elles vivent. De ce déracinement qu’elles savent définitif. Tenzin a décidé d’attendre l’année prochaine pour entamer une formation. « Je veux d’abord voir ce qui sera le mieux pour moi », explique-t-elle en souriant.


